Ibrahim Boubacar Keita

”Sans Détour” (Mali): Monsieur le Président, les enfants vous regardent !

 

A cette rentrée scolaire 2018-2019, environ 750 écoles sont fermées au nord et au centre du pays. Dans une étude sur la situation sécuritaire dans ces deux zones du Mali, l’UNICEF a précisé : « Au moins 750 écoles ont été fermées dans l’ensemble du pays. Presque six ans depuis le début de la crise dans le Nord, et cela continue d’avoir un impact sur les enfants, notamment sur l’éducation (…) plus d’un million d’enfants en âge d’aller à l’école ne sont pas scolarisés. »

Cette situation vous interpelle fortement M. le président de la République dans la mesure où vous avez décidé de dédier ce second quinquennat à la promotion de la jeunesse. Parmi cette jeunesse, il y a forcément ces milliers de jeunes qui sont privés de leurs droits fondamentaux. De la région de Tombouctou à celles Gao, Ménaka, Taoudéni, Kidal et dans plusieurs localités du centre du pays, particulièrement dans la région de Mopti, à travers les cercles de Koro, Youwarou et Douentza, des écoles sont restées sans enseignants. Ces derniers ont fui leurs postes à cause de l’insécurité.

Selon l’UNICEF, sur les 685 écoles de l’Académie d’enseignement de Mopti, environ 265 étaient fermées au cours de l’année académique 2017-2018, soit un taux de 39%. Ainsi, les régions de Mopti et de Kidal enregistrent le taux le plus élevé des écoles fermées. La même étude révèle que dans le cercle de Youwarou, cinquante-huit écoles sont fermées. Dans le cercle de Douentza, elles sont au nombre de cent écoles qui se trouvent présentement fermées.

S’agissant du Nord du pays, le constat est presque le même. Le CAP de Niafunké dans la région de Tombouctou, compte présentement trente-quatre écoles fermées. À Kidal, sur les soixante-onze écoles que compte la région seulement une était ouverte l’année passée. Cette situation a provoqué la déscolarisation ou la non-scolarisation d’environ 150.000 enfants. Dans la même région, c’est seulement à Kidal ville et à Tessalit que l’année scolaire a pu débuter. Selon un habitant de Kidal sous couvert d’anonymat, « la reprise des classes s’est faite timidement. Outre les écoles fermées à cause de l’insécurité, il manque des enseignants ». C’est le même constat à Ménaka, où des écoles officiellement ouvertes n’ont pas à présent d’enseignants.

Au-delà du problème d’insécurité, une semaine après la rentrée des classes, les cours tardent encore à démarrer normalement dans plusieurs écoles du pays. En attendant une solution pérenne, les élèves et parents d’élèves fondent tout leur espoir sur vous, Monsieur le président de la République.

Ousmane BALLO

Source : Ziré-Hebdo

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