Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath

Réélection d’IBK, président de la République : l’échec d’une lutte folle d’un ‘’phénomène’’ dénommé Ras Bath !

La réélection d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), président de la République, Chef de l’Etat, est le signe de l’échec total d’une lutte folle et démesurée de Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, porte-parole du Collectif pour la Défense de la République (CDR). Retour sur l’utopie d’un homme qui a marqué son temps !

Nous sommes à la fin de 2016. L’opposition politique fait encore son quartier à Badalabougou dans la Commune V du District de Bamako. Le  chef de file est déjà connu. Il s’agit de l’honorable Soumaïla Cissé, Député à l’Assemblée Nationale et président de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), principal parti de l’opposition. Un phénomène voit le jour alors; il s’appelle Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath. Porte-parole du CDR (un regroupement d’associations, d’organisations et d’acteurs de la société civile), ses partisans le surnomment «Le Guide». Quant à ses détracteurs, ils pensent que c’est un véritable «imposteur» qui se fait passer pour un journaliste et qui donne des informations sur les antennes des radios sans les recouper.

Mais, qui est-il au juste ?

Cet homme, âgé de plus de 40 ans, a été d’abord un activiste sur les réseaux sociaux avant de devenir chroniqueur-radio, muni d’une carte de presse délivrée par un groupe de presse de la place. Au départ, sa cible principale est l’opposition qu’il traite d’ennemie de la nation. Quelques mois plus tard, Ras Bath se retourne contre le régime du président Ibrahim Boubacar Kéita et changeant ainsi son fusil d’épaule.

Mi-2017, le CDR, d’autres organisations de la société civile et l’opposition s’unissent dans une plateforme, appelée « An tè A Bana ». Grâce à ses milliers de fidèles, il réussit à s’imposer comme l’une des principales figures de ladite plateforme dont le but principal est le retrait pur et simple du projet de révision constitutionnelle. Une première victoire ! Pour marquer le terrain, la plateforme devait se définir une seconde mission. Il s’agit de mener une lutte commune pour la promotion des valeurs démocratiques et républicaines, la restauration d’une bonne justice et l’instauration de la paix et de la bonne gouvernance.

Ras Bath devient très populaire et capable de rassembler des foules immenses dans les rues de la capitale à l’image du 3 août 2017, lors de son retour d’une tournée en Europe. C’est le début d’une vraie démonstration de force, d’une fierté sans égal. Ras Bath s’est dit capable de contraindre le président de la République à ne plus se présenter à l’élection du 29 juillet 2018 pour un second mandat, où à défaut de le faire échouer au nom de l’alternance, le changement. Lui-même n’étant pas candidat, il faut se rallier à un candidat qui incarne cette alternance afin de faire partir le régime en place.

Le début de la chute !

Le 28 juin 2018, contre l’attente de plusieurs membres du CDR, Ras Bath, annonce le soutien de son Collectif à Soumaïla Cissé, Chef de file de l’opposition et candidat du parti l’Union pour la République et Démocratie (URD) à la présidentielle du 29 juillet 2018. A quelques jours de l’ouverture de la campagne présidentielle, sans surprise, le porte-parole du CDR devient conseiller spécial du candidat Soumaïla Cissé. Il doit également jouer le rôle de porte-parole du candidat. Une lourde responsabilité, mais pleine de signification. Tout au long de la campagne, le pseudo conseiller spécial fait chanter ses fans dans les rues : « Boua ba bila !» ; « Ni Boua ma bila, an pa a frouti a la ! » (Boua va laisser le pouvoir, sinon on va le lui arracher). Boua, c’est bien IBK dont il s’agit. Mais des slogans qui ne vont servir à rien. Car, la volonté de Dieu est déjà faite. Au premier tour, Soumaïla Cissé totalise 17, 78% de voix contre 41,70% pour le président sortant, Ibrahim Boubacar Kéita. Au second tour, il n’y aura pas de surprise. Malgré tous les tapages, IBK est réélu avec 67, 16% des voix contre 32,84% pour Soumaïla Cissé.

Le rêve brisé !

En ralliant Soumaïla Cissé, considéré comme le candidat de l’alternance ou du changement, Ras Bath était sûr de la victoire et le deal qui était conclu avec l’URD était de garantir quinze sièges de députés au CDR à l’Assemblée nationale. Mais le peuple en a décidé autrement.

Le divorce

Le 11 Septembre 2018, c’est le jour du divorce et l’annonce a été faite par Ras Bath. « L’Investiture de Mr Ibrahim Boubacar Keita, le 04 Septembre, par la cour suprême malgré, les irrégularités graves qui ont émaillé ces élections : bourrage des urnes, achat de conscience, tripatouillage des résultats… met fin au processus électoral selon les lois maliennes. Par conséquent, met fin à l’accord politique conclu entre le CDR et le Candidat de l’URD, Mr Soumaila Cissé. A cet effet, le CDR annonce le retour à son statut originel et à ses activités de société civile », a-t-il déclaré.

Ousmane Ballo

Source : Ziré-hebdo

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