Elections présidentielles à Bougouni : le candidat IBK prend le large

Les populations de Bougouni, regroupées autour de leur leader populaire et charismatique, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise peuvent être fières et à juste raison, d’avoir été  les actrices incontestables de l’immense succès électoral remporté  par leur candidat.  Arrivé très largement en tête avec plus de 50% des votants, le second tour prévu pour le 12 août sera une simple formalité. 

Pourquoi Blaise Sangaré n’a jamais été « Ministre de la République » durant ce premier quinquennat du président IBK ? Cette question, pour le moins intrigante, est revenue plusieurs fois  dans les conversations politiques souvent passionnées, enflammées et parfois  houleuses  dans les  « grins » et autres cercles de réflexion politique de la capitale. Sans que personne ne puisse en donner une réponse claire et plausible, car seul le président IBK sait en définitive, pourquoi ce « fidèle parmi les fidèles » n’a jamais été récompensé à un tel niveau de prestige et de responsabilité. Toutefois, en faisant de lui, quelques mois après son arrivée à Koulouba, son  conseiller spécial et porte-parole, il aura sans doute envoyé un message à ses détracteurs, que ce grand commis de l’Etat, de classe exceptionnelle pouvait bien être utile et efficace à cette fonction à la fois complexe et discrète. Histoire de dire qu’il connaît bien les qualités particulières, les compétences morales et intellectuelles  de tous ces  hommes et femmes qui composent sa galaxie.

En tout état de cause, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise a toujours gardé la tête haute, la fierté intacte d’être toujours parmi  les serviteurs les plus loyaux, fidèles et « sincères » envers le président IBK,  aussi bien sur les hauteurs de Koulouba que sur les plateaux de télévision, avec des records d’audience souvent enregistrés. Car en plus d’être un acteur politique de premier plan dans notre pays, il n’en est pas moins ce vrai tribun doublé du  communicateur hors-pair, aussi  bien à l’aise en français (langue du colonisateur) qu’en bambara, avec cette  facilité toujours  déconcertante à  manier et revisiter  les proverbes du cru, à bluffer son auditoire à travers l’évocation de savantes formules. Le choix de la candidature d’IBK reposant surtout sur le socle de la confiance réciproque entre les deux hommes a été vivement martelé par le président de la CDS-Mogotiguiya au cours de la 5ème conférence nationale du parti tenue le 23 juin dernier dans la salle de spectacle du Stade Omnisport, devant une foule compacte de militants venus de toutes les régions de notre pays.

L’occasion était bonne pour Blaise Sangaré et le staff politique qui l’entoure, pour dire que : «  le président IBK est celui qui a réussi déjà à sortir le Mali de la décadence, a rallumé l’espoir et donné un cap. C’est donc fort de ce constat que le BPN-CDS a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle du 29 juillet  et de parrainer et soutenir du coup, sa candidature pour un second mandat. Ce geste du parti envers IBK est si important et significatif que la CDS-Mogotiguiya a depuis 2002 été l’une des formations politiques, sinon  la seule en République du Mali à toutes les mandatures, à présenter son candidat à l’élection présidentielle (…)». Résultat : un immense satisfecit électoral enregistré au lendemain du scrutin présidentiel. Ce pari électoral gagné avec fierté et panache (et par un CDS toujours en première ligne du combat) n’étonnera certainement pas  les bons connaisseurs du parti du cheval blanc, lequel avait  accompli un vrai « triomphe électoral » lors du scrutin municipal du 20 novembre 2016.

Ainsi, après la brillante élection en 2013 de deux députés sur la liste d’alliance (CDS-URD-FARE), la CDS est de nouveau revenu en force dans l’emblématique capitale du Banimonotié avec 10 conseillers de plus que l’Adema et le RPM. Elle a aussi  raflé la mise dans plusieurs communes acquises auparavant  à d’autres formations politiques, preuve indéniable, s’il en est besoin,  d’une suprématie électorale jamais démentie, depuis plusieurs années.  Sur le plan purement politique, on a également enregistré une arrivée discrète et massive de plusieurs cadres et militants venant de divers horizons politiques. Il est aussi important de noter que toute la philosophie politique de ce parti a toujours été la recherche permanente de la paix et de la non-violence, dans le respect rigoureux des opinions contraires des uns et des autres. Car pour son président-fondateur, Blaise Sangaré « le pluralisme nécessite même qu’il y ait d’autres opinions, qu’on propose plusieurs choix aux maliens.

La CDS-Mogotiguiya n’a jamais eu besoin d’un Kopeck de l’Etat pour vivre et faire face aux défis électoraux ayant longtemps jalonné son fier  parcours : « La CDS est aujourd’hui (je ne saurais vous dire le seul, car cela reste à prouver), le parti politique qui a toujours été à l’Assemblée nationale, qui a toujours eu des maires, des conseillers  de cercle, des conseillers régionaux, sans aucune relation avec un quelconque gouvernement. Cela voudra dire que la CDS vit avec seulement les moyens d’un parti politique (moyens humains, matériels, financiers) jusqu’à la minute où je vous parle, trouvez-m’en un autre ! Il y a beaucoup de partis au Mali qui ont disparu après que leur leader a quitté le gouvernement. Je ne me cache pas pour le dire. Pourquoi la presse ne fait pas cet inventaire ? C’est ça le Mogotiguiya. » confiait-il, il y a quelques mois, à notre très sérieux confrère : Le « Challenger »

Comme vous le savez, Bougouni a toujours été une terre d’élection naturelle de la CDS-Mogotiguiya, de sa création à nos jours, tant ses succès électoraux continuent encore  de suivre le rythme permanent et imperturbable de tous les scrutins nationaux. Cette performance électorale a largement contribué à donner une identité réelle et non « fantasmée » au parti. Pour la petite histoire, ce parti avait battu sous le régime d’Alpha Oumar Konaré, une liste commune de partis à Bougouni, et dès le premier tour : « Pour la première fois, un parti politique affrontait un parti au pouvoir avec ses alliés : l’ADEMA, le PARENA, le PDP, tous des partis implantés et tous avec des chefs de partis ministres d’Etat. La CDS, le petit poucet, est partie en élection contre cette liste commune et l’a terrassée en 24 heures au premier tour. Il n’y a pas eu de deuxième tour. La suite de cette belle épopée est largement connue.

B. Camara

Source : Le Challenger

 

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