Dr. Boubou Cissé, ministre de l'Economie et des Finances

Mali : Dr. Boubou Cissé, sans tabou, parle de l’agro-industrie naissante, de la croissance, de la corruption et du financement des élections…

Invité de l’émission “Focus Business” de la télévision VoxAfrica, le ministre de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, est intervenu, entre autres, sur la réforme budgétaire du Mali, le financement de l’économie malienne et sa bancarisation, le partenariat Mali-Emirats arabes unis, le financement des logements sociaux et de l’élection présidentielle du 29 juillet à venir. Sur ce dernier chapitre, le ministre Cissé a laissé entendre “qu’il n’y aura pas de problème de financement des élections”. Entretien.
Répondant à la question sur la réforme budgétaire du Mali, le ministre de l’Economie et des Finances a laissé entendre que c’est une réforme majeure qui a permis d’introduire la notion de performance dans l’élaboration et dans l’exécution budgétaires.
“En gros, nous sommes passés d’une logique de moyens à une logique de résultats. Et tout cela dans le but d’améliorer l’efficacité des politiques publiques. Avec le budget programme, nous ne nous intéressons plus uniquement au volume des moyens qui sont octroyés pour exécuter un programme donné, mais nous nous intéressons également aux résultats qui sont obtenus grâce à ces moyens qui sont consacrés pour la mise en œuvre d’une politique donnée. C’est donc majeur dans le sens que cette réforme introduit la notion de performance et de résultats dans nos pratiques”, a-t-il répondu.
Pourquoi ce budget programme n’a-t-il pas été fait avant ? Et pourquoi le Mali est-il à la traîne par rapport à des pays africains qui sont engagés depuis longtemps ? Le ministre Boubou Cissé réagira que le Mali n’est pas à la traîne. Il avancera l’argument que dans l’espace Uémoa, le Mali est le 2e pays dans lequel la réforme budgétaire est exécutée à 5 % alors que certains pays de l’Uémoa ne sont en train de le faire que partiellement. Dans le sens où ces pays ont choisi un certain nombre de départements ministériels dont les budgets ont été conçus et qui sont en train d’être exécutés en mode programme avec la logique des moyens qui continue toujours.
“Le Mali est plutôt pionnier en la matière dans l’espace Uémoa au lieu d’être à la traîne. C’est une réforme majeure assez innovante. Même les pays occidentaux comme la France ont pu la mettre en place il y a simplement quelques années. Mais la majorité des pays africains n’y est pas arrivée. C’est pour dire que ce n’est pas une question d’être à la traîne. Cette réforme est un processus. Le Mali l’a commencé il y a une dizaine d’années. Il y a d’abord un certain nombre de mécanismes, d’instruments à mettre avant d’arriver à une élaboration et une exécution du budget sous mode programme. Nous étions dans ce processus qui a pris un peu de temps, mais nous sommes heureux de l’avoir achevé. Je pense que les résultats vont s’en sentir”, a-t-il indiqué.
La réforme est-elle une garantie d’efficacité ? Réponse : “Il n’y a aucun doute dans le fait que les logiques ont changé. Nous sommes dans une logique de résultats. Aujourd’hui, lorsque nous discutons ou nous préparons les budgets avec les différents départements ministériels et institutions, nous nous asseyons avec ces départements et institutions, nous définissons un programme bien précis qui est généralement une politique publique. Et nous demandons aux départements de nous indiquer les activités et les objectifs pertinents qu’ils vont mettre en place pour atteindre le but que nous recherchons derrière cette politique publique. Et c’est en contrepartie que nous mettons à leur disposition des moyens financiers. Donc, en gros, les résultats sont prédéfinis pour permettre aux moyens qu’on mette à leur disposition de pouvoir les atteindre. Je pense que c’est une pratique innovante qui n’est pas facile à mettre en œuvre. Et lorsque nous serons tous rodés à la mettre en pratique, je pense que l’efficacité sera au rendez-vous”, a ajouté le ministre Cissé.
La réforme budgétaire est-elle une hyper centralisation de l’Etat qui donnerait un pouvoir important au ministre de l’Economie et des Finances ? Dr. Boubou Cissé affirmera qu’il ne pense pas que son ministère ait un pouvoir plus que ce qu’il avait lorsque le budget moyen était en exécution. Pour lui, le ministère de l’Economie et des Finances est au départ et à la fin du processus de préparation et d’exécution budgétaire.
“Il ne faut pas voir ça en termes de moyens. Le ministère de l’Economie et des Finances est là pour coordonner l’ensemble des activités et faire en sorte que les départements sectoriels qui ont des politiques sectorielles à mettre en œuvre réfléchissent bien aux objectifs qu’ils se donnent par rapport à ces politiques sectorielles, aux résultats qu’ils définissent, aux moyens qu’ils se donnent pour pouvoir atteindre les objectifs. […] A la fin, je suis l’ordonnateur du budget. Mais nous décaissons sur la base d’un objectif à atteindre. La réforme a beaucoup de vertus. Il y aura une meilleure gouvernance économique et financière. Il y a une meilleure redevabilité envers la population, envers les contribuables. Je ne vois que des avantages dans cette réforme. Les inconvénients que nous verrons seront dans la pratique au départ, mais avec les dispositions qui ont été mises en place, les renforcements des capacités, les formations que nous faisons quotidiennement qui concernent l’ensemble des parties prenantes devraient faire que chacun adhérera à cette réforme majeure et l’appréciera dans les mois à venir”, a avancé le ministre.
“Le taux de bancarisation au Mali est très bas”, Dr. Boubou Cissé dixit
Pourquoi l’économie nationale malienne n’arrive-t-elle pas à financer les petites et moyennes entreprises (PME) ? Sur cette question de financement et de bancarisation, le ministre de l’Economie et des Finances dira que les banques locales ont fait des progrès importants quand on compare les encours de crédits bancaires à l’économie nationale destinée prioritairement aux Petites et moyennes entreprises (PME) et certaines grandes entreprises, c’est cet indicateur qui a significativement augmenté au Mali ces cinq dernières années.
Aujourd’hui, il est situé à un peu plus de 2000 milliards F CFA qui correspond à peu près à 15 % de la richesse nationale du Mali. “Ce qui n’est pas négligeable et qui n’est pas suffisant en comparaison avec d’autres pays de la sous-région. Un pays comme la Tunisie a pratiquement 35 à 36 % de son produit intérieur brut (PIB). Cela fait une grande différence. Donc, la question, c’est de voir comment encourager les banques à faire plus pour l’économie nationale et plus pour les PME qui sont le cœur du développement”, a-t-il expliqué.
Il a ajouté que le taux de bancarisation dans notre pays est trop bas. Ce taux est à 14 % en incluant le secteur financier décentralisé, c’est-à-dire tout ce qui concerne le microcrédit. “Avec le système des banques primaires, le taux est à 7-8 % de taux de bancarisation. Ce qui est très bas. Donc, il faut une politique initiée par l’Etat et encouragée par les banques pour pousser les gens à aller déposer leurs épargnes auprès des banques pour que le taux de bancarisation puisse augmenter. Nous sommes en train de travailler sur ça avec les banques. Les banques, de façon générale aussi n’aiment pas prendre de risque. Elles sont averses au risque. Donc, il faut trouver un moyen pour leur donner un peu plus de garantie pour qu’elles prennent un peu plus de risque et puissent prêter à ce secteur de PME/PMI qui, dans notre pays, est un secteur où certains se présentent devant une banque pour demander un crédit sans même avoir un bilan de leur société. Et donc, il y a tout un travail à faire pour changer même le logiciel des banques et leur mode de fonctionnement. Là aussi, l’Etat est en train de faire des efforts. Nous avons mis en place, il y a à peu près 3 ans, ce qu’on appelle un Fonds de garantie pour le secteur privé et qui permet aux banques de s’engager vis-à-vis d’un certain nombre de clients envers lesquels ils n’avaient pas l’habitude de faire des crédits. Ils font cela parce que le Fonds de garantie du secteur privé est là en cas de défaillance, le Fonds prend le relais et rembourse les banques. Je pense qu’avec ces initiatives, les banques vont être amenées à donner un peu plus de crédit à notre économie nationale, aux PME/PMI. Si on faisait une analyse, la progression que nous avons obtenue depuis deux à trois ans est sans doute liée à cette lutte”, a expliqué le ministre.
Pourquoi le Mali ne crée-t-il pas des banques dédiées seulement aux PME/PMI ? Boubou Cissé dira que le Fonds de garantie est une option en plus d’autres solutions. Il soutiendra qu’au Mali, il y a des banques qui peuvent être assimilées à des banques dont la mission essentielle est destinée au soutien à des PME de façon générale. Parmi ces banques, il a cité la Banque pour le commerce et l’industrie (BCI), la Banque nationale de développement agricole (BNDA) dont l’objectif principal est aussi d’aider le monde agricole à davantage se moderniser et se développer.
Les cibles de ces banques c’est l’appui au PME et aux opérateurs économiques qui évoluent dans ce secteur. “Le Mali a commencé une approche sur la base d’une difficulté objective à laquelle les banques primaires font face. Aujourd’hui, les banques primaires n’ont pas les ressources longues alors que les besoins en investissement sont des besoins longs. Donc, il faut faire en sorte que ces banques puissent avoir des ressources longues disponibles. Ce que l’Etat est en train de faire, c’est de négocier avec certaines institutions financières internationales des lignes de crédits sur 25 à 30 ans parfois. Et ces lignes de crédits sont mises à la disposition de nos banques locales pour pouvoir s’engager sur des prêts qui vont au-delà de 3 à 15 ans. Donc, là aussi, nous avons de bonnes expériences en la matière en travaillant avec la Banque africaine de développement (Bad), la Banque islamique de développement (Bid). Je pense que nous allons y arriver progressivement”, a-t-il soutenu.
“Notre ambition est de faire
en sorte que le secteur de l’agriculture puisse passer de
cette agriculture de substance
à une agriculture qui soit plus orientée vers l’agro-industrie”
Dans la réforme budgétaire, pourquoi le Mali a-t-il mis un accent particulier sur le financement de l’agriculture avec 50 milliards de F CFA ? Boubou Cissé a répondu que le gouvernement malien est parti du constat que l’agriculture était déjà un pilier fort de l’économie malienne.
“C’était un secteur qui représentait pratiquement 30 % de la richesse nationale malienne. Par exemple, la filière coton faisait vivre plus de 3 millions de Maliens sur l’ensemble du territoire. Donc, l’agriculture est un secteur important dans lequel il y a beaucoup de potentialités, d’opportunités et qui reste très peu exploitée. C’est pour cela que le président de la République a décidé de donner plus d’importance au secteur de l’agriculture. Le chef de l’Etat a décidé d’octroyer 15 % du budget national à l’agriculture. Donc, nous sommes passés de 8-9 % à 15 %. Le différentiel est de 140 milliards F CFA pour pouvoir aller vers une modernisation du secteur, pour pouvoir aller vers une diversification du secteur et que le Mali ne soit pas uniquement dans une monoculture par exemple du coton. Mais, compte tenu des richesses naturelles que nous avons dans notre pays (les terres irriguées, la présence de l’eau) qu’on puisse cultiver tout ce qu’on veut cultiver comme produits intéressants au Mali : le riz, le maïs, le sorgho. Il s’agit de diversifier le secteur de l’agriculture pour le rendre plus performant. Et surtout, notre ambition est de faire en sorte que le secteur de l’agriculture puisse passer de cette agriculture de substance à une agriculture qui soit plus orientée vers l’agro-industrie de type industrielle. C’est ça qui fait que des moyens colossaux importants sont donnés au secteur agricole de façon additionnelle dans le but de rehausser encore la richesse nationale malienne en vue de lutter efficacement contre la pauvreté”, a-t-il raconté.
“Sur la fixation des prix  du coton, les Etats africains 
sont des preneurs de prix”
En tant premier producteur de coton en Afrique, pourquoi le Mali ne participe-t-il pas à la fixation de son prix sur le plan international ? Comme réponse, le ministre de l’Economie et des Finances reconnaîtra que malheureusement les pays africains sont beaucoup trop petits dans l’environnement de ces matières premières.
“C’est vrai que le Mali est le premier producteur du coton en Afrique au sud du Sahara. Nous sommes des petits pays par rapport à la production mondiale des matières premières comme le coton et le cacao. Ce sont des produits sur lesquels l’ensemble des Etats africains sont quasiment preneurs de prix. C’est une question d’offre et de demande. C’est le marché qui décide du prix du coton.
Que vous soyez producteurs d’Afrique ou d’Asie, vous êtes obligés de vous aligner sur les productions du marché. Donc, c’est une question de compétitions. Le coton malien est en compétition avec le coton burkinabé, avec le coton américain, face à des clients par exemple asiatiques qui les achètent. Donc, vous êtes obligés, malheureusement, de vous adapter aux conditions du marché mondial. Mais, cela dit, cela n’est pas non plus une mauvaise chose. Parce que c’est quand même un prix qui est intéressant pour l’Etat et les finances publiques de l’Etat en tout cas au jour d’aujourd’hui. La question qui reste posée aujourd’hui, c’est de savoir comment aller un peu plus loin pour tirer davantage du coton. Ici au Mali, c’est la question de la transformation. Malheureusement, nous transformons très peu de notre production nationale. Nous transformons environ 2 %. Et là aussi, le plus important, c’est de pouvoir identifier les obstacles à cette transformation et d’y travailler. Je pense que depuis maintenant 3 ans, le président de la République est en train d’y travailler. Les obstacles qui ont été identifiés, visibles et objectifs, c’est la question du déficit énergétique. Parce que ce sont quand même des industries assez capitalistiques et puis énergétivores. Il y a donc un effort qui a été fait sous l’impulsion du président de la République d’inclure pratiquement 110 mégas-Watt sur notre réseau électrique à travers une énergie qui est beaucoup moins coûteuse que celle que nous connaissions jusqu’à présent qui est le solaire. A Ségou, il y a 33 mégas qui vont arriver. A Kita, il y a une centaine de mégas qui va arriver. Donc, ce problème est en train d’être résolu progressivement. Sur le coton, pour que les zones de production soient en contact avec les zones de marchés y compris le marché local et africain, il va falloir désenclaver. Et là aussi, des efforts importants ont été faits sous l’impulsion du président de la République en matière de construction de routes et de désenclavement du pays. En l’espace de 3 ans, près de 415 km de routes bitumées ont été construites et qui sont en train de finir. Dans le coton, il y a aussi le côté de la formation sur lequel il y a un travail important à faire. Il y avait un savoir-faire qui existait au Mali au début des années 60-70 qui malheureusement s’est perdue après l’époque des programmes d’ajustement structurel puisque des industries ont dû fermer. Ce qui fait que ce savoir-faire a disparu. Il faut donc reconstituer ce savoir-faire. Il y a une école de formation sur l’industrie textile à Ségou qui fait du bon travail. Mais il va falloir progressivement passer à l’échelle. Parce qu’il y a aujourd’hui 70 à 80 personnes qui sortent de cette école chaque année alors qu’on a besoin de 400 à 500 chaque année. Il y a un processus, il y a un travail à faire. Ce processus est en cours. Dans les 5 à 10 années à venir, le Mali quittera le coton pour aller au tissu et augmenter significativement ce taux de transformation. J’espère que nous pourrons passer de 2 % à 20 % d’ici 10 ans. Ce qui permettra au Mali de décoller définitivement. C’est cela notre objectif. Mais il faut des préalables et nous sommes de travailler sur ces préalables. Et quand nous arrivons à ce niveau-là, beaucoup de valeurs ajoutées seront réalisées et les conditions de vie de l’ensemble de la population malienne seront beaucoup plus améliorées” a-t-il argumenté.
Au cours de l’entretien, le ministre de l’Economie et des Finances a répondu à des questions sur le partenariat économique Mali-Emirats arabes unis. Des conventions ont été signées dans le sens de la protection des investissements. Les Emiratis sont intéressés par les secteurs comme l’agrobusiness, les mines, les télécoms. Un forum sera organisé entre le Mali et les Emirats arabes unis à Abu-Dhabi pour mettre en contact, au niveau étatique, des entrepreneurs privés.
Dr. Boubou Cissé : “La corruption existe malheureusement au Mali”
Sur les questions des lourdeurs administratives et la corruption au Mali, le ministre de l’Economie et des Finances avouera que ce sont deux difficultés à résoudre pour améliorer les affaires dans un pays. Par rapport aux lourdeurs administratives, il affirmera que des progrès ont été réalisés dans ce sens.
“Dans le temps, pour ouvrir une entreprise au Mali, il fallait 30 à 35 jours. Aujourd’hui, avec le Guichet unique, la création d’une entreprise à l’Agence de promotion des investissements (Api), c’est 72 h. Cela est une réalité”, s’est-il réjoui. Il a aussi reconnu qu’il y a des obstacles comme les problèmes comme la sécurisation des titres fonciers qui retardent les créations d’entreprises. Comme obstacle, il a aussi cité les branchements aux compteurs d’électricité. Ce qui décourage l’investisseur.
“Nous sommes en train de travailler avec l’Energie du Mali pour raccourcir les délais de branchement. Nous allons faire des progrès significativement dans cette matière”, a-t-il dit. Par rapport à la corruption, il dira qu’elle existe au Mali.
“La corruption existe malheureusement dans notre pays. Elle ne date pas d’aujourd’hui et elle n’est pas propre au Mali. L’important, c’est de ne pas la nier et de lutter contre ça. Le président IBK a pris un acte politique très fort, un acte régalien dès les 3 mois après son arrivée au pouvoir, en déclarant 2014 Année de lutte contre la corruption et les délinquances financières. C’est dire que le président est engagé à lutter férocement contre la corruption et les délinquances financières. La déclaration du président a été suivie immédiatement d’une loi de lutte contre l’enrichissement illicite et la délinquance financière avec la création d’une Office central en charge de l’exécution de cette loi. Et cette création de l’Office a été suivie par l’envoi par le président de la République en personne de plus de 200 dossiers au système judiciaire. Et la Cellule appelée Casca est chargée du suivi de ces dossiers. Le rôle de l’exécutif s’arrête là. Il faut que le pouvoir judiciaire prenne le relais pour prendre des sanctions. C’est de là qu’il faut faire des efforts importants dans notre pays”, a-t-il souligné.
“Depuis que les programmes des logements sociaux ont commencé, ce qui a été fait en 3 ans par IBK est beaucoup plus que ce qui a été fait dans les 15 dernières années”
Sur le financement des logements sociaux, le ministre indiquera que ce financement est important. Parce qu’il y avait un problème d’accès aux logements sociaux au Mali. Il y a une demande de 400 à 450 000 logements pour une offre qui était de 10 000 ou 15 000. “Donc, il faut pouvoir combler ce gap pour pouvoir donner un logement décent à ceux qui en demandent. Fort de ce constat, le président de la République a pris un engagement d’aller vers la construction de 50 000 logements sociaux pour lesquels nous avons réalisé au jour d’aujourd’hui à peu près entre 12 000 et 13 000. Cela est peu, mais c’est beaucoup plus que ce qui a été fait sur les 10 dernières années. Depuis que les programmes des logements sociaux ont commencé, ce qui a été fait en 3 ans par IBK est beaucoup plus que ce qui a été fait dans les 15 dernières années. Il faut réfléchir à un mode de financement qui soit plus adapté. L’actuel modèle ne l’était pas parce que les bénéficiaires des logements sociaux remboursent les prêts qu’ils ont pris aux banques sur pratiquement 25 ans, alors que les banques sont obligées de rembourser les opérateurs économiques qui ont construit les logements sur 3 ans. Il y a ce décalage qui existe qui n’encourage pas finalement les opérateurs économiques à s’investir davantage dans les programmes de financement des logements sociaux. On est en train de corriger ça et réfléchir à des modèles de type prêt acquéreur ou même aller chercher des ressources plus longues pour les mettre à la disposition des banques et que les banques puissent financer les opérateurs immobiliers sur des périodes beaucoup plus longues”, a-t-il affirmé.
Dr. Boubou Cissé précise : “Il n’y aura pas de problème de financement des élections dans notre pays”
Le financement des élections présidentielles a été abordé par le ministre de l’Economie et des Finances. Sur ce chapitre, il a soutenu que le coût des élections présidentielles a été évalué. Et ces élections vont coûter au Mali environ 22 milliards F CFA. “Et ces élections ont été budgétisées par la Loi de finance 2018. Nous avons prévu beaucoup plus que ça. Les décaissements sont en train de se faire. Il n’y aura pas de problème de financement des élections dans notre pays”, a-t-il précisé.
Réalisé par Siaka Doumbia

Source : Aujourd’hui-Mali

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