Conflit intercommunautaire au Mali : Le collectif des Associations du pays dogon appelle à la retenue !

Pour mettre fin au conflit intercommunautaire qui persiste dans la région de Mopti, les jeunes du collectif des Associations du pays Dogon ont tenu une conférence de presse en vue d’inviter les uns et les autres à arrêter la diffusion des messages de haines, notamment à travers les réseaux sociaux. C’était ce 15 mai 2018 à la maison de la presse.

Elles étaient sept associations à s’unir autour d’un seul objectif : prêcher le message de la paix aux communautés du Mali, particulièrement celles de la région de Mopti. Il s’agit, entre autres, de l’Association Dogon Vision, Notre Baouro, AJDM, GDI, Tomon Djina, Yougo Wele Dogon, ASAK. Ces sept associations étaient accompagnées du président de la jeunesse Ginna Dogon, Casimir Sombono, en présence de celui de l’Association Tapital Pulaaku, Hamadoun Dicko. C’est le porte-parole du collectif, Adama Diongo, non moins président de Dogon Vision, très actif depuis le début de ce conflit, qui a animé ce point de presse.

Avec pour thème : « Situation d’insécurité et proposition de solution au pays dogon », cette conférence de presse avait pour objectif de poser un vrai diagnostic autour du conflit intercommunautaire qui secoue cette zone de la région de Mopti. Il s’agissait également de proposer des pistes adéquates de sortie de ce conflit afin de promouvoir le vivre ensemble entre les différentes communautés.

Ainsi dans son intervention, le jeune Adama Diongo a mis en avant le climat de méfiance qui existe sur le terrain entre les communautés concernées. Selon lui, la situation qui prévaut dans cette localité est très profonde et il faut la traiter avec précaution. «Nous avons été récemment sur le terrain pour mener des enquêtes du coté peulhs comme du coté dogons par rapport au conflit qui persiste et ils ont clairement dit que la question n’a jamais été traitée. Vous savez, ce qu’on nous montre chaque fois à la télé, c’est du saupoudrage, je le dis en toute responsabilité. Comment vous voulez traiter une crise aussi profonde avec des missions de 48 heures surtout par des gens qui sont pressés de retourner à Bamako ou qui ne connaissent rien de la réalité? », s’interroge le porte-parole.

Pour lui, il faut arrêter de se mentir. « Il faut qu’on se dise la vérité, c’est-à-dire qui a tord, qui a raison. Il faut un tribunal populaire pour donner la possibilité aux gens de dire ce qu’ils savent », ajoute t-il, avant de demander aux uns et aux autres d’arrêter la publication des messages de haines.

En suite, le collectif a demandé au Gouvernement du Mali de prendre toute sa responsabilité et de traiter cette situation avec l’équité.  « Il ne faut pas que les gens pensent qu’un tel est victime et l’autre non, c’est tout le monde qui souffre de cette crise et il faut une solution idoine pour tous », a ajouté Diongo. Le collectif a enfin proposé des pistes de solutions comme un traitement global de la situation, une assise populaire au centre des localité concernées, la création d’une commission d’enquête parlementaire, la mis en place d’une mission d’éducation et de formation des populations sur la gestion des conflits et l’initiation d’un programme spécial de développement du pays dogon.

Amadou Kodio, Zire-infos.com

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