Mme Samaké Assétou Founé Migan, ministre de l’Enseignement supérieur

Cité universitaire de Kabala : Un calvaire pour les étudiants 

Deux jeunes étudiants en communication de l’Institut Universitaire des Technologies (IUT) ont écrit sur la cité universitaire de Kabala en faisant ressortir les difficultés rencontrées par leurs camarades. Mamadou Fofana et Nouhoun Berthé estiment que la cité universitaire de Kabala est un calvaire pour les étudiants.    

Un périple nommé Kabala : la route du cimetière

Construite pour permettre aux étudiants d’apprendre dans de meilleures conditions, la cité universitaire de Kabala peine aujourd’hui à réaliser cet objectif. Un accès difficile, l’insuffisance des bus pour le transport des étudiants, la restauration sont les difficultés signalées par les étudiants.

Situé dans la commune rurale de Kalanba-coro, le complexe universitaire est à cheval entre les villages de Kabala et de N’golobougou. Certains étudiants parcourent au moins quarante kilomètres pour rallier l’université et la même distance pour retourner à la maison, soit quatre-vingt kilomètres par jour. « Je loge à Boulkassoumbougou, je me réveille chaque jour à quatre heures du matin pour être à l’heure à Kabala », a déclaré A.S, étudiant à la FLSL.

« J’ai échappé à deux tentatives de viol et une tentative de vol de mon téléphone portable car je suis obligée de braver l’insécurité en sortant de chez moi aux environs de cinq heures pour ne pas rater le bus », témoigne G.D étudiante à l’IUT. En effet les bus affectés au transport des étudiants prennent leur départ sur la colline de Badalabougou. Pour faire partie du premier convoi, les étudiants font la queue depuis six heures car il n’y a que six bus pour près de 2000 étudiants.

Le sort des étudiants qui se rendent à l’université par  moto ou par Sotrama n’est pas non plus enviable. La seule voie menant à Kabala est si étroite que deux camions-bennes ne peuvent s’y rencontrer sans que l’un se rabatte sur la droite pour permettre à l’autre de passer. Ce qui multiplie les accidents. Les usagers de cette voie l’ont baptisée « la route du cimetière ». Il faut rappeler la mort  de cinq étudiants et d’un professeur tous fauchés par les camions.

Se restaurer à Kabala n’est pas un petit problème pour les étudiants qui sont contraints d’y passer la journée. A la cantine, les plats sont de bonne qualité mais reviennent trop chers pour les étudiants car ils coutent 500 FCFA. Ce qui pousse les plus démunis à aller se restaurer auprès des vendeuses à l’extérieur de l’enceinte où les conditions d’hygiène ne sont pas forcément respectées.

Les responsables de l’université ont promis l’ouverture imminente du campus de Kabala. Pour ce qui concerne les camions-bennes, les autorités municipales ont décidé de réguler leur circulation pour faciliter l’accès à la cité universitaire pendant les heures de pointe. Les travaux d’élargissement de la route sont également en cours. De quoi donner de l’espoir aux étudiants qui pourront enfin faire face à leur labeur en toute tranquillité.

Mamadou FOFANA, Etudiant à l’IUT

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Une épreuve redoutable pour les étudiants

L’ouverture de la cité universitaire de Kabala a été une grande joie pour le peuple malien et une fierté pour le peuple chinois, mais une épreuve redoutable pour les étudiants. La cité a été bâtie pour permettre aux étudiants d’apprendre dans de bonnes conditions et aux enseignants d’exercer leur métier en toute quiétude. Hélas, dans cette entreprise, l’Etat a semblé minimiser certains éléments indispensables que sont les voies d’accès, la disponibilité en eau potable et un système de restauration à la portée des étudiants.

La cité universitaire de Kabala est une réalisation du gouvernement malien en partenariat  avec le peuple chinois. Ce projet financé sous le régime de l’ancien président Amadou Toumani Touré dit ATT a été exécuté  par l’actuel président en exercice, Ibrahim Boubacar Keita. La cité universitaire est située dans la commune de Kalaban-Coro, cercle de Kati au sud-ouest de Bamako entre le village de  N’golobougou et  le quartier de  Kabala. Elle est bâtie sur une superficie de 103 hectares et a coûté  80  milliards de francs CFA. Elle fait partie  des  universités  les plus  vastes  et les mieux décorées dans la sous-région. Pour le moment, étudier à la cité universitaire demeure une épreuve redoutable pour les étudiants. Son accès est plus qu’un parcours du combattant.  La majorité des étudiants de l’université logent sur la rive droite de Bamako, ils prennent chaque jour les mini-bus Sotrama ou se procurent de carburant pour leurs motos  faute d’insuffisance des bus mis à leur disposition. Chacun débourse en moyenne deux mille francs par jour.

De son ouverture à nos jours, une année exactement, la route qui mène à la cité universitaire a déjà fait 9 victimes dont 8 étudiants et un enseignant. Ces décès fréquents sont causés par des accidents dus à l’insuffisance des bus universitaires, l’étroitesse de la route mais aussi les dérapages des camions-bennes qui sont fréquents sur cette voie. D’autres difficultés telles que le manque d’eau potable, l’absence de cantine adéquate et bien d’autres facteurs, ne sont pas à négliger.  Chaque  jour, les  étudiants  se bousculent pour prendre place dans les bus. Certains se réveillent à 3h00 du matin pour aller faire la queue sur la  colline de Badalabougou et d’autres au niveau de la tour de l’Afrique de Faladiè.

En outre, les  étudiants sont confrontés à un déficit d’eau potable et au problème de restauration.

Les efforts du gouvernement ne sont pas suffisants. Les étudiants sollicitent plus d’efforts pour l’amélioration de leurs conditions.

Nouhoun BERTHE, Etudiant à l’IUT

Source : Le Challenger

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