Minga S. Siddick, Président de l’association Écritures des Suds

Minga S. Siddick, Président de l’association Écritures des Suds : « Nous voulons ramener les élèves à l’essentiel. »

‘’Écritures des Suds’’ est une Association culturelle qui a pour objectif de faire la promotion de la lecture et de l’écriture dans les milieux scolaires et universitaires des pays du Sud à travers des activités littéraires pluridimensionnelles. C’est dans cette optique qu’elle a conçu le jeu littéraire dénommé ‘’Pic des As’’. Ce jeu a démarré le 10 février 2018, par une phase de sélection des représentants des 49 lycées recensés pour cette première saison du Jeu. Pour plus d’informations, nous avons rencontré, ce 12 février 2018, le Président de l’association EDS, Minga S. Siddick, dans son bureau au quartier Hippodrome-Bamako. Lisez plutôt l’entretien !

C’est quoi le Grand jeu littéraire Pic des AS ?

Le Grand jeu littéraire ‘’Pic des As’’ est un jeu interactif que nous avons conçu au sein de l’association culturelle EDS en 2009. Nous voulons amener les élèves et étudiants à faire du brainstorming, à réfléchir sur des questions non seulement de cours mais aussi d’actualités qui embrassent tous les domaines. C’est un peu ça, le concept du Grand littéraire Pic des As.

Alors quelles sont vos cibles ?

Nos cibles ce sont d’abord des lycéens, particulièrement les élèves des classes de 10e Année. Ceux-là viennent de faire leur entrée dans les lycées et doivent être incités à cultiver le goût de la lecture et le réflexe de l’auto-enrichissement intellectuel, pour faire avec sérénité le parcours qui les conduira à l’université.

Parlons de Pic des As. Quels sont les critères de sélection des lycées ?

Il n’existe aucun critère autre que la volonté des lycées à nous ouvrir leurs portes pour nous donner l’opportunité de construire avec eux ce que j’appelle un leadership sachant dans le milieu scolaire malien. Nous adressons des correspondances à des lycées que nous trions sur le volet et nous attendons leurs réactions. Ceux qui comprennent notre objectif et nous proposent une liste de candidats sont ceux avec lesquels nous coopérons. Il n’y a donc pas de critère spécifique à la base. Pour cette première édition (dans notre vocabulaire nous parlons de 1ère Odyssée), nous avons retenu quarante-neuf (49) lycées et découpé notre territoire d’intervention en trois zones : Zone A pour la Rive Gauche, Zone B pour la Rive Droite et Zone C pour Kati. Après les quatre semaines de sélection des candidats, le Grand jeu à proprement parler va démarrer le 17 mars 2018 et va durer huit semaines, avec sept manches et une super-manche.

Pouvez-vous nous parler un peu des objectifs du jeu ? 

Les objectifs du grand jeu littéraire sont très simples. Nous sommes partis d’un constat : aujourd’hui les élèves lisent de moins en moins, font de moins en moins de recherche, surtout en ces temps d’attraction des réseaux sociaux qui captivent les enfants et leur font passer plus de temps à ‘’clavarder’’ avec des amis plutôt que de faire des recherches utiles. L’objectif, c’est de ramener ces élèves à l’essentiel en leur proposant un moyen ludique et interactif vivant qui les oriente mieux vers ce qui devrait constituer leur objectif de base, en tant qu’élèves : faire des recherches qui leur permettent d’améliorer leur niveau en français, mais aussi et surtout, en culture générale. Donc avec ce jeu, nous voulons ramener les élèves à l’essentiel, en aiguisant leur esprit d’émulation.

Quels sont les résultats attendus ?

Les résultats attendus ? Eh bien, nous aurons des élèves proactifs, dynamiques, sans complexe et donc capables de s’exprimer correctement et avec assurance devant un public, avec la possibilité de répondre avec sérénité à certaines questions auxquelles ils n’auraient pas pu répondre sans le Grand jeu littéraire. En définitive, nous aurons des ‘’leaders sachant’’, c’est-à-dire des leaders qui savent, qui savent qu’ils savent et qui sont prêts à partager ce qu’ils savent. Vous savez, le leader, on ne le crée pas, on le révèle. Nous partons du principe que chaque élève a un potentiel et qu’il faut lui permettre d’en prendre conscience pour le développer. C’est comme ça qu’on peut révéler au monde de vrais leaders bien construits.

Quelles sont les récompenses prévues pour ce jeu ?

Les récompenses, ce n’est vraiment pas le plus important dans notre approche. Cela dit, il y a des récompenses mais qui ne sont jamais en espèces sonnantes et trébuchantes, conformément à l’esprit de l’association EDS. Puisque nous voulons amener les élèves à lire, nous donnons comme récompenses des livres et tout ce qui a trait à la formation intellectuelle des jeunes. Donc à la base, il y aura beaucoup de livres que nous allons offrir aux élèves vainqueurs. Quant aux écoles, elles recevront des trophées sculptés symbolisant Le Grand jeu littéraire Pic des As.

Votre mot de fin ?

Je voudrais d’abord dire merci au Réseau Kya qui, grâce à son Fonds Maaya, nous permet de réaliser ce vieux projet qui pourrissait dans le tiroir. Ensuite, je voudrais demander aux responsables des lycées d’encourager leurs élèves à participer à des activités extrascolaires variées, car elles contribuent grandement à la construction de leurs personnalités. Enfin, aux jeunes élèves je voudrais dire qu’aujourd’hui le temps n’est plus à dormir sur ses lauriers en comptant sur le nom ou les biens de son père ou de sa mère. Nous sommes dans une ère de compétition où seuls les plus actifs réussiront à se retrouver au sommet de la montagne. D’où le nom de notre jeu : Pic des As, c’est-à-dire le sommet des meilleurs. Les jeunes élèves doivent s’approprier cette invitation de Voltaire à travers Candide : « Il faut cultiver notre jardin. »

Amadou Kodio, afrikinfos

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