Le chorégraphe malien, Sékou Keïta

Le chorégraphe malien, Sékou Keïta, à cœur : « J’évolue  avec ce spectacle »

Chorégraphe-danseur et Directeur de ‘’Djata-Production’’, l’artiste malien pétri de talents, Sékou Keïta, a bien voulu accorder cette interview à l’équipe de afrikinfios.net, ce 12 février 2018 à son domicile. En bâton rompu, le chorégraphe ne parle de ses prestations et le sens réel de son attachement à la danse. Lisez donc l’interview !

Comment l’idée de la danse vous est venue ?

En faite depuis très jeune, j’aimais bien danser et au fur et à mesure avec le temps, j’ai compris que je dois en faire un métier. Je ne savais pas que c’était déjà  un métier et j’avais envie de faire ça comme passion. C’est comme ça que l’idée m’est venue.

Vous avez participé à plusieurs festivals, parlez nous de vos performance ?

Rien à dire que ça c’est bien passé. J’ai la chance d’avoir une troupe avec qui je bouge. Depuis un certain temps, quand même on travail ensemble, on évolue, on présente un spectacle de danse, de chant et de visuel qui aborde de différents thèmes. Donc, j’évolue  avec ce spectacle.

Lequel de ces festivals vous a beaucoup marqué et pourquoi ?

Alors le festival qui m’a beaucoup marqué, c’est le dernier festival sur le Niger à Ségou. La simple raison c’est que ça faisait un certain temps que ce n’était pas facile de faire un festival par tout à cause de ce qui se passe au nord du pays. Rassembler les gens, surtout les artistes de différentes régions, je trouve ça pas mal. Là où on a joué le centre culturel Coré, c’est vraiment dédié à la danse et cela m’a fait plaisir d’aller dans une autre région, surtout la 4ème  région du Mali (Ségou) pour présenter un spectacle. Mais, la chose qui m’a vachement impressionné au cours des 48 heurs de festival, c’est que j’ai été sélectionné pour aller jouer au Palais de Koulouba. Ce n’est pas simplement que c’est le Palais là où il y a le Président, mais ça a été une surprise agréable pour moi.  Ce sont des choses qui ne se répètent pas deux fois dans la vie de quelqu’un. C’était une surprise, mais une très bonne surprise. Parce que pour moi, c’est une récompense du travail d’ensemble que j’ai fait en équipe.

Justement, parlons du festival sur le Niger. Comment ça s’est passé ?

Le festival s’est très bien passé. Le public était au rendez-vous et j’ai rencontré des gens que je ne rencontre pas assez souvent et on a partagé un spectacle avec le public qui était présent. C’était très bien parce qu’il n’y a pas eu d’incident à Ségou. Don, c’est déjà une réussite pour le festival et pour tous les artistes également.

Actuellement, y a-t-il une prestation en vue ?

Actuellement on répète le travail. Au mois de mars prochain, on doit aller au festival Massa à Abidjan et je travaille déjà sur le clip vidéo pour certains artistes comme Oumou Sangaré, avec qui j’ai participé à la biennale du mois de décembre dernier, mais aussi un clip de Napé Sadjo.

Qu’est ce qu’il fait votre force sur la scène ?

Je crois que le travail paie toujours, même si c’est la danse ou le chant. C’est de l’amusement, c’est de l’évènement. Je pense que je transmets une forme de sincérité de ce que je fais. Quand je danse, je danse vraiment.  Quand je joue, j’essaye de bien jouer. J’essaye de faire tout de mon mieux. C’est ce qui fait que dans l’ensemble, ça se passe bien.

Vos pas de danse expriment-ils des messages particuliers ?

Oui en faite comme je l’ai dit, à travers mes spectacles, je transmets des gestes dont les sens sont relatifs au dérèglement climatique et à la guerre. J’aborde ces thèmes là tout en les associant à certains mouvements de danse ou à certaine musicalité.

Par exemple quand, je parle de la guerre je prends la danse de la première région (Kayes) qui est Djéli don (la danse de griot) et le Tamani. En écoutant ce Tamani, ça donne des coups de tir. Donc, j’associe mes danses à ces genres de sujets.

Quel est votre secret ?

Je remercie le bon Dieu ; je remercie ma famille qui ne m’a pas encouragé et qui ne m’a pas non plus découragé, mais qui m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. Le secret, c’est d’abord comme on dit dans ce métier, il faut avoir le TTC (le Travail, le Talent et la Chance). Ainsi, je crois que j’ai un peu de talent, je travaille beaucoup, j’ai de la chance et je ne vais baisser les bras. J’ai la chance justement de travailler avec les grands artistes, des danseurs pétris de talents. Voilà mon secret.

Quel appel avez-vous à  lancer à l’endroit des jeunes danseurs ?

Je leur demande vraiment d’être passionnés de tout ce qu’ils font, car la vie n’est pas facile, surtout artistiquement. Mais quand on est passionné on essaye de bien évoluer et aussi de fédérer le travail avec les autres. On ne réussit pas seul. Il faut s’associer aux autres, il faut être solidaire, très curieux, observateur et accepter les critiques.

Parlez-nous de votre structure de production ?

En faite, c’est une structure de production qui s’appelle ‘’Djata-production’’. Avec Djata-production, j’organise mes propres spectacles. J’ai déjà fait un grand spectacle dénommé : « Le Mali offre ses merveilles au sommet Afrique-France » qui avait rassemblé une centaine d’artistes. Egalement, cette structure de production et événementielle me permet d’être libre et de réaliser les rêves qui me tiennent à cœur, dont la danse.

Votre mot de fin ?

D’abord, je remercie afrikinfo.net de m’avoir accordé cette interview et je vous souhaite également une bonne continuation. Mon dernier mot revient à la paix. Que la paix et la cohésion sociale reviennent au Mali et qu’on essaye vraiment de se pardonner entre nous.

Interview réalisée par Fousseni Sogoba, afrikinfos

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