Amadou Ouattara, maire de la commune V du district de Bamako

Bamako : Du rififi dans le recouvrement biométrique à Sabalibougou, la patience a aussi ses limites…

C’est sur une  invitation du comité de gestion du marché de Sabalibougou, que le maire de la commune V du District de Bamako, Amadou Ouattara, a participé ce lundi après-midi, au Centre Togola, à une Assemblée générale d’information des forains, sur les vrais « enjeux » du recouvrement biométrique des taxes de  tous les marchés de la commune V ( soit  16 à 18 marchés selon les estimations). Lancé officiellement le 8 décembre 2017 à Sabalibougou, il est considéré comme étant le projet-phare du mandat Ouattara, ce « monsieur propre », qui n’a qu’un seul objectif à atteindre  : donner à sa commune un nouveau visage de fierté et de dignité dans le district de Bamako.

L’on comprendra alors,  pourquoi il est si déterminé et engagé à faire cette innovation technologique (une grande première sous le ciel bamakois) sa principale  priorité, c’est-à-dire accroitre de manière presque exponentielle, les ressources vitales et  financières de la commune. Si la  faible mobilisation des occupants du marché, n’a visiblement pas été à hauteur du souhait du maire,  celui-ci n’a pas manqué de redonner, encore une fois, de larges explications sur tous les contours de cette réforme visant essentiellement à mettre fin à la volatilité des taxes issues des différents marchés de la commune.

 Force doit rester à la loi….

Tout en dénonçant la mauvaise foi évidente des forains, il a  néanmoins accepté de se prêter à l’exercice, avec la conviction profonde, que tous les « fauteurs de troubles » et autres « vandales » seront mis « hors d’état de nuire » en vue de permettre aux agents chargés du recouvrement de faire leur travail. Le maire l’a dit et répété : le  but recherché par cette opération consiste à une meilleure « traçabilité des taxes » et surtout une  plus grande transparence dans leur collecte. Tenez-vous bien sur 5932 personnes recensées dans le marché, la mairie ne recouvre quotidiennement que quarante huit mille (48 000FCFA). Ce qui peut  donner vraiment envie aux uns et aux autres de sortir leurs calculettes et de  pouvoir constater ainsi, le manque à gagner considérable pour la  mairie confrontée, comme vous le savez,  à une   campagne insidieuse de désinformation et d’intoxication intense de l’opinion orchestrée par les  fraudeurs indélicats  et qui tirent profit   de cette extraordinaire gabegie. Ce recensement effectué dans le but du  réaménagement du nouveau marché de Sabaligougou a même eu le mérite de découvrir que 733 personnes possédant des places dans le marché, n’y sont jamais présentes. Ce qui fera dire par Amadou Ouattara, que la mairie tirera toutes les conséquences de cette anomalie et choisira au « cas » par « cas » des solutions bien appropriées à chaque situation. Mais ce sera dans le plus grand respect des textes, car « force doit rester toujours à la loi. »

La gestion des marchés est un travail qui incombe à la mairie, qui a mis en place à Sabalibougou, un comité de gestion chargé de trois principales missions. Le recouvrement des patentes du marché ; l’assainissement du marché ;  la sécurisation de toutes les installations du marché. Mais tout au long de son exposé, le maire  n’a pas manqué de déplorer la « frilosité » des membres du comité de gestion, ceux-là même qui devaient d’abord montrer l’exemple aux autres, en acceptant d’être enrôlés  les premiers, mais qui ne l’ont pas fait. En tout état de cause, le processus de démarrage du recouvrement biométrique ne va plus s’arrêter à cause de quelques vandales. «  Tu peux refuser de t’enrôler, ce qui est bien ton droit, mais pourquoi veux-tu empêcher l’autre  de s’enrôler à son tour. Ça, c’est une situation, que nous n’accepterons plus jamais. Trop, c’est trop. Mais par ailleurs ceux qui refuseront de s’y plier à cette obligation devront vite quitter le marché, car notre travail ne s’arrêtera pas pour faire plaisir à certains esprits malins et crapuleux, cachés dans les recoins du marché. Pour nous, le recouvrement biométrique est aujourd’hui la meilleure solution pour renflouer les caisses de la mairie en vue de faire face aux multiples projets de développement  de la commune», dira Amadou Ouattara.

Bacary Camara pour Afrikinfos

(Visited 82 times, 1 visits today)