IBK fait cadeau d’un véhicule à l’AEEM: Ce qu’en pensent nos lecteurs

Suite à la mise à la disposition de l’Aeem d’un véhicule, la rédaction du journal ‘’Le Confident’’ a tendu son micro à certains de ses lecteurs. Lisez plutôt ce qu’ils nous ont confié.

Nouhoum Togo, membre du cabinet de l’opposition :

« Il est important que les uns et les autres le sachent : Abdoul Salim Togola dit Willy a été imposé à la tête du bureau de coordination de l’AEEM par un responsable du parti RPM connu de tous. Il est lui-même membre du parti RPM. Donc, il fait semblant de servir les élèves et étudiants alors il est en mission commandée pour le compte de son parti. Je me rappelle qu’en 1991 après le coup d’Etat, l’AEEM avait confisqué la voiture de la fille d’un dignitaire. Aussi, après le congrès de 1991, un véhicule de marque 406 a également été offert à l’AEEM pour ses courses. Cependant, à partir de 1992 jusqu’à nos jours, aucun autre véhicule n’a été offert à l’AEEM. En tout cas pas de façon officielle. Aujourd’hui, l’école malienne va mal, les syndicats se plaignent… Malgré tout, au lieu de donner aux étudiants les ordinateurs promis, le président de la République préfère procéder à un achat de conscience. Je pense que c’est tout simplement une manière d’avoir l’AEEM avec lui pour les campagnes électorale qui s’annonce. Pour faire bref, je pense que l’argent du véhicule pouvait bien servir dans la construction de nouvelles salles de classes. »

Aguibou Bouaré, juriste syndicaliste:

« C’est triste que le Président de la République pose un tel acte pendant que l’école traverse toutes sortes de difficultés. Le moment fait en outre que le jeu (visée électorale) est très mal caché. Quel intérêt de faire un cadeau d’un véhicule à l’AEEM pendant que l’école est gravement malade? Une analyse approfondie de la situation de l’école devrait être faite à l’occasion de cette visite et des pistes de solution proposées. Hélas ! »

Karembé Seydou, étudiant en médecine:

« J’ai été attriste de voir la coordination nationale de l’AEEM se réjouir après cet entretien. C’est un manque de respect pour le corps professoral et les étudiants que de dire après tout ce temps qu’on veut faire du sérieux maintenant. De quoi se réjouit-il ? Du bus que leur a offert le président ou du fait qu’on ait dit qu’on prendra les choses en main ?  Le véhicule est-il un moyen pour payer leur silence ? Beaucoup de questions restent a poser à ce niveau. Le gouvernement prend toujours les choses à la légère et ne nous accorde pas  le minimum de respect. La situation est grave, les simples discours n’arrangeront pas les choses. Il est temps que nous, étudiants, prenions les choses en main. »

Dianguina Keita, enseignant :

« En âme et conscience c’est vide de sens. En tant qu’ancien membre de l’AEEM du secondaire au Supérieur, je pense que le seule objectif du mouvement estudiantin est de défendre les intérêts moraux et matériels des élèves et étudiants. L’AEEM ne doit aucunement être une institution dotée d’un budget de fonctionnement… Mieux, actuellement, l’AEEM n’inspire plus ses mêmes valeurs, elle est un instrument politique vidé de son sens réel. Pas étonnant qu’il accepte ce cadeau empoisonné. Comme le disait Marcel Mauss, le don n’est jamais gratuit, car il y a toujours un contre don). Quel est le contre don ? L’avenir nous l’édifiera, car l’octroi de ce véhicule est plus politique que logique.»

Mutu Dubia, Comptable :

« Je pense qu’un soutien est toujours le bienvenu, surtout si c’est pour soutenir la nation. Mais je suis estomaqué de voir que nous nous trompons toujours d’objectifs. Les questions essentielles ne sont jamais débattues ou abordées avec qui de droit. A mon avis, au delà de tout cela, nous devons aborder sans réserve aucune la situation des écoles fermées au centre et au nord du pays, nous devons aborder la situation et les conditions d’exercices et des professeurs et étudiants. En marge des échéances, l’octroi d’un minibus ne peut être interprété autrement que par la conquête d’une frange de la société, sauf s’il permet à l’école de revenir à l’école ».

Dora Cheick DIARRA, enseignant: ”

« Il choisit Ousmane Chérif Madani HAIDARA pour être le parrain du mois de solidarité et il donne un véhicule à L’AEEM. En cette veille d’élection présidentielle en République du Mali, le Président IBK, convaincu de son impopularité  et de la misère du peuple, se lance dans une véritable récupération des masses à travers des leaders véreux d’organisations de la société civile.
Après les religieux et les notables c’est le tour des jeunes.»

Daouda KINDA spécialiste en sécurité internationale:

« Dans un pays où les étudiants n’ont même pas de bibliothèques universitaires dignes de ce nom, je crois que cet acte du Président de la république est complètement dénué de tout intérêt et d’utilité publique. L’AEEM fait Parti des sources du problème qui touche l’école malienne. C’est une association qui a complètement dévié de sa mission principale. Elle ne reste qu’un vulgaire outil de violence aux mains de quelques politiciens véreux. L’AEEM n’a point besoin de moyens matériels, elle a simplement besoin d’être complètement restructurée ».

Mamedy Malcom Diarra, activiste:

« Tout d’abord je vous remercie sincèrement d’avoir ajouté la phrase ‘’ à l’approche des élections présidentielles’’ à votre question car ça correspond complètement au sujet. Notre président est un faux joueur, même les personnes qui n’ont pas d’esprit souple le voient venir avec sa politique d’influence de vote. Son acte envers L’AEEM n’a rien de bonne foi,  elle n’a carrément rien à voir avec la gentillesse car ça vise uniquement à acheter la conscience des étudiants. Je suis navré,  Je me sens fortement mortifié pour la conduite du chef de l’État depuis quelques jours dans cette folie de politiser l’éducation nationale en donnant ce minibus aux grands étudiants et des cahiers avec son image aux tous petits ou encore des messages de précampagne disant qu’il reste un homme de parole. Une école nationale pour qui, depuis des années, les Maliens  dessinent tous les schémas  pour lui donner une nouvelle vie (mais qui) est malheureusement ‘’agonisée’’ par le chef suprême de la nation. C’est incroyable de voir la façon dont IBK se lance dans les actes anticonstitutionnels,  car il est formellement interdit par la constitution d’utiliser l’école à des fins politiques. Le don de cette voiture est politique parce qu’il compte sur la mobilisation de L’AEEM lors des prochaines élections. Une AEEM qui, dans ces habitudes, est un groupement à la merci  du régime pour mobiliser des centaines de jeunes étudiants pour les meetings,  caravanes et autres événements du régime en place. Que SEM IBK sache que  ni l’AEEM,  ni la France et  ni l’Onu ne peuvent lui sauver de ce qui l’attend. Il s’en ira.  C’est un fait,  il suffit de regarder le visage des Maliens pour constater qu’ils n’attendent que les élections présidentielles prochaines pour réaliser leur volonté de ”Tout sauf IBK” ».

Mahamadou DOUMBIA, membre du Mouvement d’Ensemble:

«  Au lieu de s’occuper des femmes et enfants des soldats tués dans les conflits au nord et au centre du Mali, au lieu de financer les micro projets de ces milliers de jeunes sans emploi, au lieu d’équiper les écoles, construire des salles de classes supplémentaires pour réduire le sureffectif dans les classes, au lieu d’octroyer des formations supplémentaires aux enseignants, d’équiper les centres de santé en manque de tout,  etc., on se livre à distribuer des cahiers avec des photos d’IBK et son clan. Et maintenant c’est le comble en offrant un véhicule à l’AEEM. Comme si la seule revendication de cette association et le seul souci des élèves et étudiants maliens se résume à l’obtention d’un véhicule, que c’est grave! »

Daouda Z KANÉ, Conseiller Communal:

« C’est de la manipulation pure et simple cette donation de minibus à l’AEEM. Un Président en quête de popularité qui fait tout pour faire adhérer à sa cause, toutes masses structurées. Cela par ce que beaucoup d’électeurs Maliens n’ont pas d’éducation politique. Du coup, ils ne veulent point que leur candidat voté soit perdant. C’est pourquoi quand des “leaders d’opinion” crient en faveur d’un candidat, cette classe politiquement non éduquée y va pour pouvoir dire que mon candidat voté est élu. Mais la gestion catastrophique du pays par IBK et de la dynastie ADEMA, y compris  l’opposition complice du VRD-URD, décrédibilise tout responsable d’opinion qui fera appel en sa faveur. »

Abdourahamne Doucouré, journaliste :

En octroyant un véhicule à l’Aeem, IBK vient de donner une fois de plus à ceux qui disaient qu’il n’a pas de programme pour ce pays d’abord, qu’ en est-il de sa promesse de campagne un étudiant un ordinateur? L’école avait besoin d’autres priorités outre qu’un véhicule qui va être sans nul doute source de différends entre eux membres de l’aeem. Les amphis théâtres ressemblent à un mouroir. Il y a des écoles situées à quelques kilomètres de Bamako qui ont des salles de classe effondrées. C’était mieux de les réparer avec les sous du véhicule. Et si toutes les autres associations réclamaient un véhicule?

Abdoulaye Fanta Dansoko, SG du comité Aeem de la FMOS-FAPH/USTTB :

« Sincèrement je sais pas trop. Quand même, c’était une surprise pour nous participants à cette audience. Vu qu’on n’était pas informé en avance.

C’est un geste salutaire vu que quand on allait à cette rencontre la majorité était dans le bus du CENOU. Donc ça sera un moyen pour l’Aeem de faire ses courses avec son propre véhicule. »

Fousseyni Koné, enseignant :

« Qui l’aurait octroyé ? Si réellement c’est de la part du président de la république, je suis sûr qu’il veut emmener l’Aeem avec eux dans leur ambition politique. Désormais, seule la prudence et le savoir faire pourra sauver l’Aeem. Étant donné qu’il peut y avoir parmi eux des jeunes futurs politiciens, pour ne pas perdre leur crédibilité et ternir leur avenir sur la scène politique malienne, ils doivent savoir raison garder. »

Guida Landouré, Neurologue :

« Après les imams, c’est maintenant l’AEEM et autres. C’est incroyable, ce qu’il fait et on observe tous. »

Hama Domo :

« L’argent du véhicule pouvait servir à construire une salle de classe pour les enfants de certaines écoles. Hélas, malheureusement au Mali, on ne s’occupe pas de l’essentiel. »

Demba Diallo, enseignant :

« C’est une hypocrisie, un achat de conscience et une manière de pouvoir cacher son incompétence et l’échec de son mandat. »

Mohamed Keita, Médecin :

« Effarant Et insultant. »

KANTAO Drissa et Dognoumé Diarra

Source :  Le Confident

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